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FIJM – Andrew Bird au Théâtre Maisonneuve : l’envol …

julieb
7 juillet 2010

Hier, le Festival International de Jazz de Montréal s’est achevé avec la parade du Mardi gras, et pendant ce temps, c’est à un tout autre genre d’événement que nous assistions au Théâtre Maisonneuve de la Place-des-Arts.

Pas remplie à pleine capacité, mais presque, la salle était bourrée de jeunes curieux, dont plusieurs retardataires et jaseux (ô que Keith Jarrett n’aurait pas aimé cela), vedettes et hipsters, ce qui fait contraste avec le public jazz habituel, moyennement âgé dans la cinquantaine (et même davantage). C’est qu’Andrew Bird, artiste «indie», est l’un des singer-songwriters nord-américains les plus en vue cette année, en plus de rouler sa bosse depuis un bon moment (Noble Beast, paru en 2009, est son cinquième album).

Andrew Bird a interprété quelques vieux succès et les pièces de son plus récent album, mais de façon radicalement différente que sur l’enregistrement. Ceci a d’ailleurs l’avantage de nous amener ailleurs et de voir le multi-instrumentiste (violoniste, siffleur, guitariste, chanteur, percussionniste) à l’oeuvre. En effet, ce qui fait la force d’Andrew Bird, en plus de sa voix, de sa sensibilité, de ses textes et de son univers particulier, c’est la façon avec laquelle il se sert du violon pour faire des sampling devant nous, tant au pizz qu’avec l’archet. Il joue aussi de l’instrument en chantant ce qui, croyez-moi, n’est pas du tout facile. Je crois néanmoins que je le préfère sur album : tout est mieux mixé, moins broche à foin, plus posé. En fait, il s’agit d’un album folk, tandis que son spectacle, lui, sans être à mille lieues du genre, est plutôt un tour de force, mêlant bidouillages et envolées au violon, alternant entre des moments introspectifs et des passages plus caricaturaux (surtout guitare-voix ou pizz-voix). Sans dire que Bird n’est pas habile sur scène, loin de là, il y a un petit côté garoché qui fait en sorte que l’on dirait carrément un autre artiste que sur son album, où l’univers est beaucoup plus intime et simple. Car il a beau être seul, sa performance est  très théâtrale, très mouvementée. Andrew Bird, sympathique et pas snob, nous a même adressé quelques mots en français.

Aperçu à Paris alors qu’il entamait sa tournée, Bird m’avait déçue. Cette fois, tout était plus rodé, et sonnait beaucoup mieux (quoique, encore une fois, c’était trop fort). C’était plus naturel, plus simple, moins éparse. Il a laissé de côté le sousaphoniste, ce qui ne nuit pas. Parce qu’Andrew Bird n’a besoin de personne pour l’accompagner, à mon avis. C’est un artiste qui évolue. Seul.

Hier, Andrew Bird nous a offert quelques nouvelles compositions et même It’s Not Easy Being Green, le succès de Kermit la grenouille, en français.

Pour les intéressés, Andrew Bird sera à l’Impérial de Québec vendredi. Sinon, écoutez son dernier, c’est pas mal du tout.

http://www.myspace.com/andrewbird

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julieb

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