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FIJM – Papasoff à l’Astral : la couleur qui sonne bien

julieb
1 juillet 2010

Quand tu peux aller voir Papasoff, tu y vas, et devinez quoi, c’est ce que Bang Bang a fait ce soir, dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal, of course.

Ça faisait un bon moment que je voulais voir Charles Papasoff à l’oeuvre. Depuis le secondaire, en fait. Parce que non, je ne fais pas partie des gens répugnés par le saxophone, bien au contraire. C’est comme dire : je n’aime pas les fruits pour parler du jus de bananes. Et surtout, j’apprécie les musiciens et les performeurs. Et quand on parle de saxophoniste virtuose, le nom de Papasoff est inévitablement sur toutes les lèvres.

L’Astral est bien remplie pour accueillir le quatuor composé de Papasoff (multi-instrumentiste, mais qui alterne ici entre le sax baryton, son instrument de prédilection, et le sax soprano), Jocelyn Tellier à la guitare, George Mitchell à la contrebasse et Martin Auguste à la batterie. Bien qu’il vienne tout juste de lancer son dernier album (non pas son dernier, mais l’ultime, comme il l’a si bien dit), intitulé Live (enregistré en une soirée dans un petit club, le Upstairs, à Montréal), Papasoff interprètera des pièces d’albums précédents, et se risque même à dire dès le début du concert que ce sera la dernière fois qu’il les joue. Eh ben.

Cette prestation rappelle que s’il y a bien un truc que la pop et le rock néglige, ce sont les nuances. Le concert de Papasoff, quant à lui, est en crescendo, nous réservant ses pièces les plus lourdes et élaborées pour la fin. C’est une brève prestation, d’une heure environs, ponctuée de quelques interventions du musicien. Le premier à effectuer un solo est Tellier, qui est ni plus ni moins le bras droit de Papasoff dans cette perfo, bien qu’il soit son plus récent collaborateur parmi les musiciens. Remarquez, dans chaque pièce, les rôles sont interchangés, le bassiste donnant le rythme, le batteur y allant d’une ligne quasi-mélodique, le sax jouant la basse, etc. Puis, le contrebassiste nous impressionne par sa versatilité et sa force technique (quand je dis force, c’est qu’il semblait parfois arracher ses cordes, et dieu sait que c’est gros, une corde de contrebasse). Les solos sont toutefois subtils, ce n’est pas la grosse affaire cliché ou tous les autres musiciens se la ferment pour laisser place de façon un peu trop évidente au musicien qui gigote et qui épate la galerie. Loin de là. Parfois, Papasoff se retire un peu, laissant place aux musiciens. On se dit que c’est complet, que tout se tient. Mais quand il revient, on comprend: Papasoff, c’est une couleur.

Bien que ses pièces soient surtout axées sur les mélodies, et qu’elles prennent lentement leur envol (quoique relativement brèves), le groove est là, parfois subtil, parfois rentre-dedans, mais porté par l’effet de crescendo dont je parlais plus haut. Il y a une constance, une tension, et peut-être est-ce dû au fait que Papasoff a composé beaucoup de musique pour des compagnies de danse. Du Papasoff, c’est righ to the point, pas d’artifice, pas de bébelles, c’est dosé. Tout est là, c’est simple et c’est ce qui fait sa puissance. Difficile de différencier ce qui est de l’impro ou pas, les musiciens jouant avec des charts, mais échangeant parfois quelques regards ou quelques mots. On en prendrait davantage, comme en témoignent les commentaires du public, enthousiaste, admiratif, attentif.

Les musiciens interpréteront une composition de Jocelyn Tellier, Polymorphe, et ma foi, les compo de Tellier sont pas mal plus fuckées que celles de Papasoff!

La sono est excellente. Je craignais un peu, la configuration de l’Astral n’étant pas géniale pour un show rock ou amplifié. Mais heureusement, nous avons affaire ici surtout à des instruments acoustiques (amplifiés), ce qui nous permet de bien saisir toutes leurs couleurs et leurs subtilités. Je suis plutôt mal placée (à mon goût) dans la salle, et ça sonne plus que bien. D’ailleurs, preuve du jeu de nuances des musiciens, si le drum n’est pas fort au début du concert, voire, sur la retenue, on a presque envie de se boucher les oreilles vers la fin. Ça fait changement des bars, des shows dans des terrains de baseball, sur des parkings, dans des loft ou même dans des salles ou on n’entend rien des instruments, des voix et du trois-quart des fréquences. J’me demande d’ailleurs pourquoi on se contente de si peu, coté sono. Pif! Paf! Réveillez-vous, comme ils disent.

http://www.myspace.com/papasoff

Demain, c’est Jack DeJohnette. Pow.

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julieb

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